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Fiche pratique

Médiation pénale

Vérifié le 25/08/2020 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

La médiation pénale permet de résoudre à l'amiable un litige lié à une infraction de faible gravité. Elle vise à amener l'auteur et la victime à déterminer la réparation du préjudice. L'auteur s'engage à réparer. C'est le procureur de la République ou les officiers de police judiciaire qu'il désigne, qui peuvent proposer la médiation. La victime doit donner son accord. En cas de désaccord ou si l'accord n'est pas exécuté, le procureur peut reprendre les poursuites en engageant un procÚs.

La médiation pénale est une mesure alternative aux poursuites dans un litige pénal. Elle nécessite que les parties soient d'accord de participer à une négociation. Elle est possible dans le cadre d'un dialogue et dans un contexte apaisé. Elle permet de réparer un dommage subi par une victime ou de résoudre un litige en responsabilisant l'auteur des faits. Elle consiste en un accord amiable entre les parties. Elle évite la tenue d'un procÚs. Elle simplifie les démarches de la victime et évite à l'auteur de l'infraction un effet négatif sur son entourage. C'est une mesure intermédiaire entre le procÚs et le classement sans suite.

Le procureur de la République saisi d'une plainte peut faire procéder à une mission de médiation pénale si cette mesure peut permettre :

  • la rĂ©paration du dommage de la victime,
  • et de mettre fin au trouble causĂ© par l'infraction,
  • ou de contribuer la rĂ©insertion sociale de l'auteur des faits.

Pour que la médiation ait lieu, il faut que l'auteur des faits et la victime soient identifiés et que les faits soient simples, clairement établis, peu graves et reconnus par leur auteur.

La médiation peut viser tant les majeurs que les mineurs.

Elle peut concerner des contraventions et certains délits, à l'exception des atteintes à l'intégrité physique comme par exemple les agressions sexuelles.

Elle peut ne pas ĂȘtre possible si l'auteur des faits a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© condamnĂ© ou s'il y a risque de renouvellement des faits, c'est le cas par exemple si l'auteur des faits est vindicatif.

Ainsi, une médiation pénale peut avoir lieu dans les cas suivants :

  • Injures, menaces, tapage nocturne, troubles de voisinage
  • Violences lĂ©gĂšres, vol simple, recel d'objets
  • DĂ©gradation de biens
  • Non-paiement de pension alimentaire et non-prĂ©sentation d'enfant.

  À savoir

en cas de violences conjugales, la médiation n'est pas possible.

Initiative

La médiation pénale est organisée par le procureur de la République ou par les officiers de police judiciaire qu'il désigne, avec l'accord de la victime. Cette désignation est écrite.

Elle est mise en Ɠuvre par un mĂ©diateur pĂ©nal, dĂ©signĂ© par le procureur.

Elle se déroule dans un tribunal, dans les locaux d'une association, une maison de justice et du droit ou une antenne de justice.

Entretiens individuels

Le médiateur pénal convoque chacune des parties (auteur et victime de l'infraction) à un entretien individuel. Lors de l'entretien, le médiateur rappelle la loi, l'explique à l'auteur des faits, confronte les parties et tente de les concilier.

Les parties peuvent ne pas répondre aux convocations ou refuser la tentative de médiation. Le dossier est alors renvoyé au Procureur de la République. Le procureur peut alors décider de saisir le tribunal ou de classer l'affaire en mettant un terme à la procédure.

Si elles rĂ©pondent Ă  la convocation, les parties tentent, avec l'aide du mĂ©diateur pĂ©nal, de parvenir Ă  une solution amiable (versement de dommages et intĂ©rĂȘts, excuses, remise en Ă©tat d'un objet par exemples).

Si la personne mise en cause est mineure, les parents doivent participer Ă  l'entretien.

Les parties peuvent ĂȘtre assistĂ©es par un avocat si elles le souhaitent.

OĂč s’adresser ?

  À savoir

en fonction des ressources, l'aide juridictionnelle permet de payer les frais d'un avocat en totalitĂ© ou en partie. Elle peut ĂȘtre accordĂ©e aussi bien Ă  la victime qu'Ă  la personne mise en cause.

Si la médiation réussit, un procÚs-verbal est rédigé par le procureur de la République ou le médiateur et est signé par tous. Il indique l'accord et les obligations des parties. Si la partie mise en cause est mineure, les parents doivent signer l'accord.

Le médiateur vérifie que l'accord est exécuté. Il adresse un rapport sur la fin de la médiation au procureur de la République.

Une fois l'accord signé, le procureur clÎt l'affaire.

  À savoir

la médiation pénale ne fait pas l'objet d'une inscription sur le casier judiciaire de l'auteur des fais.

Si l'accord n'est pas respectĂ©, la victime peut demander son exĂ©cution forcĂ©e, c'est-Ă -dire qu'elle peut obtenir un jugement imposant la mise en Ɠuvre de l'accord.

Si un juge est saisi, les dĂ©clarations des parties et les constatations du mĂ©diateur ne peuvent ĂȘtre Ă©voquĂ©es en justice que si toutes les parties sont d'accord.

En cas de non-exécution de l'accord, le procureur peut saisir un tribunal ou décider d'une composition pénale.

Il peut aussi déclencher des poursuites judiciaires alors que la médiation pénale est encore en cours.

 Ă€ noter

la procĂ©dure de mĂ©diation interrompt le dĂ©lai pendant lequel l'auteur des faits peut ĂȘtre poursuivi.

Si les parties sont d'accord sur le principe de la mĂ©diation mais qu'aucun accord ne peut ĂȘtre trouvĂ©, ou bien en l'absence d'accord, le mĂ©diateur informe le procureur de la RĂ©publique.

Le procureur peut alors décider de poursuivre ou de classer l'affaire sans suite.

 Ă€ noter

la procĂ©dure de mĂ©diation interrompt le dĂ©lai pendant lequel l'auteur des faits peut ĂȘtre poursuivi.

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