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Fiche pratique

Écoutes tĂ©lĂ©phoniques

Vérifié le 01/06/2019 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Le secret des correspondances téléphoniques est garanti par la loi. Une écoute administrative ou judiciaire n'est possible que dans des situations précises et pour une durée limitée.

L'administration peut écouter les conversations téléphoniques des particuliers, pour l'un des motifs suivants :

  • DĂ©fense de l'indĂ©pendance nationale, de l'intĂ©gritĂ© du territoire et dĂ©fense nationale
  • DĂ©fense des intĂ©rĂȘts majeurs de la politique Ă©trangĂšre, de l'exĂ©cution des engagements europĂ©ens et internationaux de la France, prĂ©vention de toute ingĂ©rence Ă©trangĂšre
  • DĂ©fense des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques, industriels et scientifiques majeurs de la France
  • PrĂ©vention du terrorisme
  • PrĂ©vention des atteintes Ă  la forme rĂ©publicaine des institutions
  • PrĂ©vention de la reconstitution ou du maintien des groupes de combat et milices privĂ©es dissous
  • PrĂ©vention des violences collectives portant gravement atteinte Ă  la paix publique
  • PrĂ©vention de la criminalitĂ© et de la dĂ©linquance organisĂ©e
  • PrĂ©vention de la prolifĂ©ration des armes de destruction massive

L'autorisation d'écouter les communications téléphoniques est accordée par le Premier ministre, aprÚs avis de la Commission nationale de contrÎle des techniques de renseignement (CNCTR). Elle est donnée sur proposition écrite et motivée des ministres en charge de la défense, de l'intérieur, de la justice, de l'économie, du budget ou des douanes.

Elle est valable au maximum 4 mois renouvelable.

Un enregistrement est détruit au plus tard 30 jours à partir du recueil des renseignements.

Seuls les renseignements en relation avec les affaires d'intĂ©rĂȘt public (sĂ©curitĂ© nationale, prĂ©vention du terrorisme, etc.) sont transcrits.

Si vous souhaitez vĂ©rifier qu'aucune mesure de surveillance n'a Ă©tĂ© mise en Ɠuvre de maniĂšre irrĂ©guliĂšre, vous pouvez vous adresser par courrier Ă  la CNCTR. Elle procĂšde aux vĂ©rifications nĂ©cessaires et vous en informe.

  À savoir

la CNCTR ne peut pas vous indiquer si des mesures de surveillance ont Ă©tĂ© mises en Ɠuvre.

AprĂšs avoir saisi la CNCTR, vous pouvez Ă©galement saisir le Conseil d’État afin qu'il vĂ©rifie qu'aucune technique de renseignement n'a Ă©tĂ© irrĂ©guliĂšrement mise en Ɠuvre.

OĂč s’adresser ?

En cas de crime ou de délit, le juge d'instruction peut ordonner des écoutes téléphoniques si l'affaire l'exige.

Les Ă©coutes peuvent aussi ĂȘtre autorisĂ©es Ă  la demande de la victime et sur sa ligne tĂ©lĂ©phonique, en cas de dĂ©lit commis sur sa ligne.

La dĂ©cision du juge est Ă©crite. Elle est prise pour une durĂ©e maximum de 4 mois renouvelable. La peine prĂ©vue pour le crime ou le dĂ©lit concernĂ© doit ĂȘtre Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  3 ans de prison.

Les écoutes sont pratiquées sous le contrÎle du juge d'instruction ou d'un officier de police judiciaire (OPJ) désigné par lui. Un procÚs-verbal est établi pour chaque enregistrement, mentionnant la date et les heures de début et de fin.

Les enregistrements sont placés sous scellés fermés. Ils sont ensuite transcrits par le juge d'instruction ou l'OPJ. Les enregistrements en langue étrangÚre sont transcrits en français par un interprÚte.

AprÚs l'établissement des transcriptions, les enregistrements sont détruits sous l'autorité du procureur de la République ou du procureur général. Un procÚs-verbal de l'opération est établi.

  À savoir

aucune écoute téléphonique d'un avocat ne peut avoir lieu sans que le bùtonnier en soit informé par le juge d'instruction.

La décision du juge de procéder à une écoute judiciaire n'a pas de caractÚre juridictionnel. Elle n'est pas susceptible de recours.

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