Permis de conduire

Fiche pratique

Heures supplémentaires d'un salarié du secteur privé

Vérifié le 13/07/2020 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Toute heure de travail accomplie, à la demande de l'employeur, au-delà de la durée légale de 35 heures (ou de la durée équivalente) est une heure supplémentaire. Les heures supplémentaires ouvrent droit à une rémunération plus favorable (taux horaire majoré) au salarié ou à un repos compensateur équivalent à la majoration. Certaines heures supplémentaires ouvrent également droit à une contrepartie obligatoire en repos.

Le salariĂ© peut ĂȘtre amenĂ© Ă  faire des heures supplĂ©mentaires Ă  la demande de l'employeur.

Le cadre dirigeant n'est pas concerné par les heures supplémentaires.

Le salarié travaillant en forfait annuel en jours n'est pas concerné par les heures supplémentaires.

Les heures supplémentaires sont effectuées à la demande (écrite ou orale) de l'employeur.

Le salariĂ© est tenu de les accomplir, sauf en cas d'abus de droit de l'employeur. Par exemple, le salariĂ© ne peut pas ĂȘtre sanctionnĂ© s'il refuse exceptionnellement de faire les heures supplĂ©mentaires demandĂ©es par l'employeur parce qu'il n'avait pas Ă©tĂ© prĂ©venu suffisamment tĂŽt.

Les heures supplĂ©mentaires peuvent ĂȘtre accomplies dans la limite d'un certain nombre d'heures (appelĂ© contingent annuel).

Le nombre d'heures prévu dans le contingent annuel est défini par convention ou accord collectif d'entreprise ou d'établissement. En l'absence d'accord ou de convention, le contingent est fixé à 220 heures par salarié et par an.

Les heures prises en compte pour le calcul du contingent annuel d'heures supplémentaires sont celles accomplies au-delà de la durée légale. Toutefois, certaines heures supplémentaires ne sont pas prises en compte dans le contingent. C'est le cas des heures supplémentaires :

  • soit effectuĂ©es pour certains travaux urgents dont l'exĂ©cution immĂ©diate est nĂ©cessaire (pour organiser des mesures de sauvetage, prĂ©venir des accidents imminents ou rĂ©parer des accidents survenus au matĂ©riel, aux installations ou aux bĂątiments de l'Ă©tablissement),
  • soit ouvrant droit Ă  un repos compensateur Ă©quivalent.

Le salariĂ© peut ĂȘtre amenĂ© Ă  accomplir des heures supplĂ©mentaires au-delĂ  du contingent annuel applicable. Les conditions d'accomplissement de ces heures sont fixĂ©es par une convention ou un accord collectif d'entreprise ou d'Ă©tablissement (ou, Ă  dĂ©faut, une convention ou un accord de branche).

Les heures supplémentaires sont comptabilisées par semaine civile.

 Attention :

le salarié qui effectue des heures supplémentaires ne doit pas dépasser la durée maximale hebdomadaire de travail.

Le taux de rémunération des heures supplémentaires dépend de l'application ou non d'une convention ou d'un accord collectif dans l'entreprise.

La convention ou l'accord collectif d'entreprise fixe le taux de rémunération des heures supplémentaires accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire.

La rémunération fait l'objet d'un ou plusieurs taux de majoration.

Chaque taux est au minimum fixé à 10 % .

La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires peut ĂȘtre remplacĂ©e, en tout ou partie, par un repos compensateur Ă©quivalent.

Dans ce cas, la durée de ce repos est équivalente à la rémunération majorée. Par exemple, une heure supplémentaire payée en principe à un taux majoré de 50 % donne lieu à un repos compensateur équivalent (soit 1 heure 30).

En l'absence de convention ou d'accord collectif d'entreprise, les heures supplémentaires accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire sont majorées de :

  • 25 % pour les 8 premiĂšres heures supplĂ©mentaires travaillĂ©es dans la mĂȘme semaine (de la 36e Ă  la 43e heure),
  • 50 % pour les heures suivantes.

La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires peut ĂȘtre remplacĂ©e, en tout ou partie, par un repos compensateur Ă©quivalent.

Dans ce cas, la durée de ce repos est équivalente à la rémunération majorée. Par exemple, une heure supplémentaire payée en principe à un taux majoré de 50 % donne lieu à un repos compensateur équivalent (soit 1 heure 30).

Les heures supplĂ©mentaires effectuĂ©es en 2020 seront exonĂ©rĂ©es de l'impĂŽt sur le revenu dans une limite de 5 000 € par an. Les heures supplĂ©mentaires au-delĂ  de ce plafond seront soumises Ă  l'impĂŽt.

Les heures supplémentaires effectuées en 2020 seront exonérées des cotisations salariales d'assurance vieillesse de base et complémentaire dans la limite de 11,31 % du salaire.

 Ă€ noter

les heures supplĂ©mentaires qui ont Ă©tĂ© effectuĂ©es entre le 16 mars et le 10 juillet 2020 sont exonĂ©rĂ©es de l'impĂŽt sur le revenu dans une limite de 7 500 € pour l'annĂ©e 2020.

Les heures supplémentaires accomplies ouvrent droit à une contrepartie sous forme de repos pour le salarié. Cette contrepartie s'ajoute à la majoration salariale des heures supplémentaires (ou, lorsqu'il est prévu, au repos compensateur équivalent).

La contrepartie sous forme de repos est mise en place Ă  des conditions qui varient selon que ces heures sont accomplies dans la limite du contingent ou au-delĂ .

Une contrepartie en repos est possible uniquement si elle est prévue par convention ou accord collectif d'entreprise ou d'établissement. Cette convention ou accord fixe la durée, les caractéristiques et les conditions de la prise de cette contrepartie sous forme de repos.

Une contrepartie en repos est obligatoire pour toute heure supplémentaire accomplie au-delà du contingent.

La contrepartie est fixée à :

  • 50% des heures supplĂ©mentaires accomplies au-delĂ  du contingent,
  • ou 100% de ces mĂȘmes heures si l'entreprise emploie plus de 20 salariĂ©s.

Une contrepartie plus importante peut ĂȘtre fixĂ©e par convention ou accord collectif d'entreprise ou d'Ă©tablissement.

La convention ou l'accord peut également fixer la durée, les caractéristiques et les conditions de la prise de cette contrepartie obligatoire sous forme de repos.

À dĂ©faut d'accord ou de convention prĂ©voyant des conditions diffĂ©rentes, le salariĂ© peut prendre une journĂ©e entiĂšre ou une demi-journĂ©e de repos, Ă  sa convenance, dĂšs lors que la contrepartie obligatoire en repos a atteint 7 heures.

Chaque journĂ©e ou demi-journĂ©e est prise dans un dĂ©lai de 2 mois (sauf report, de 2 mois supplĂ©mentaires, en cas de demandes simultanĂ©es ne pouvant toutes ĂȘtre satisfaites dans le dĂ©lai). Le salariĂ© qui ne demande pas Ă  bĂ©nĂ©ficier du repos dans le dĂ©lai peut le prendre, Ă  la demande de l'employeur, dans le dĂ©lai maximum d'un an.

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